Tortues de mer en Martinique : les 3 espèces à connaître
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Trois espèces de tortues marines fréquentent nos côtes : la tortue verte, la tortue imbriquée et la tortue luth. La saison de ponte s'étend de mars à octobre, avec une incubation d'environ deux mois avant l'émergence des tortillons.
Au Bambou Resort, la tortue Martinique n'est pas qu'une image de carte postale. Depuis plusieurs saisons, nous accompagnons le Réseau Tortue Marine Martinique (RTMM) dans le suivi des pontes sur la plage de l'Anse Mitan, juste devant nos jardins.
Nos équipes comptent les traces, protègent les nids et racontent cette histoire à chaque client qui pose une serviette sur le sable. Voici ce que nous avons appris, saison après saison.
Les 3 espèces de tortues marines présentes en Martinique
Cinq espèces croisent nos eaux, mais trois d'entre elles occupent une place particulière dans le cœur des Martiniquais : la verte, l'imbriquée et la luth. Chacune a son caractère. Chacune raconte une histoire différente.
La tortue verte, la nageuse des herbiers
La tortue verte (Chelonia mydas) se reconnaît à sa carapace lisse, souvent brun olive, et à son goût prononcé pour les herbiers marins. On la croise en snorkeling, tranquille, broutant sous l'eau turquoise.
Sa ponte reste rare sur nos plages. Elle préfère la mer à la nidification martiniquaise, contrairement à sa cousine imbriquée.
La tortue imbriquée, la pondeuse du littoral caraïbe
Surnommée « caret » par les anciens, la tortue imbriquée (Eretmochelys imbricata) est la championne locale de la ponte. Elle choisit de petites plages ombragées, souvent bordées de raisiniers ou de mancenilliers, sur la côte caraïbe.
C'est elle qu'on retrouve le plus souvent sur les registres du RTMM à l'Anse Mitan. Sa carapace aux écailles imbriquées, d'où son nom, lui donne ces reflets ambrés si reconnaissables.
La tortue luth, la géante discrète
La tortue luth (Dermochelys coriacea) impressionne par sa taille. Pas de carapace rigide chez elle, mais une peau coriace striée de crêtes longitudinales. Elle vient pondre occasionnellement, plutôt en début de saison, entre mars et juillet.
On la voit peu en mer. Elle chasse au large, loin des côtes, se nourrissant presque exclusivement de méduses.
Le cycle de nidification : de la ponte à l'émergence des tortillons
Comprendre ce cycle, c'est comprendre pourquoi chaque nid compte. Voici les grandes étapes, telles que le RTMM les documente chaque année.
La saison de ponte court de mars à octobre, avec un pic entre juin et septembre pour l'imbriquée. La femelle sort de l'eau la nuit, creuse un nid dans le sable sec, dépose une centaine d'œufs, puis rebouche soigneusement le tout avant de repartir vers le large. Toute l'opération peut durer plusieurs heures.
L'incubation dure ensuite environ 45 à 70 jours, la moyenne se situant autour de deux mois. La température du sable joue un rôle décisif : plus il fait chaud, plus l'incubation est courte, et plus la proportion de femelles dans la ponte augmente.
L'émergence des tortillons se produit généralement de nuit, en groupe. Les petits mettent quelques jours à remonter jusqu'à la surface du nid, puis foncent vers la mer, guidés par la lumière de l'horizon. Cette course de quelques mètres est déjà, pour eux, une question de survie.
Notre partenariat avec le Réseau Tortue Marine Martinique
Le Bambou Resort ne se contente pas d'admirer la mer depuis la terrasse. Depuis plusieurs saisons, nous travaillons main dans la main avec le Réseau Tortue Marine Martinique sur la plage de l'Anse Mitan, à quelques pas de nos bungalows.
Le suivi des pontes. Chaque matin, entre mars et octobre, un membre de notre équipe ou un bénévole du RTMM parcourt la plage à la recherche de traces fraîches. On appelle ça une « montée » : le sillon laissé par la tortue entre la mer et son nid. On note l'espèce probable, l'heure estimée, la présence ou non d'un nid.
Le comptage et la protection des nids. Une fois un nid identifié, il est balisé discrètement pour éviter tout piétinement, notamment lors du ratissage matinal de la plage. Les données sont ensuite transmises au RTMM, qui centralise les chiffres à l'échelle de l'île pour suivre l'évolution des populations d'une année sur l'autre.
La sensibilisation de nos clients. C'est peut-être notre rôle le plus important. Nos équipes expliquent, sur simple demande à la réception, pourquoi certaines zones de plage sont temporairement délimitées, pourquoi on éteint les lumières côté mer le soir venu, et comment réagir si l'on croise une tortue en train de pondre. Beaucoup de nos hôtes repartent en ayant appris quelque chose qu'ils ignoraient en arrivant : que leur simple présence, bien encadrée, peut protéger une espèce menacée.
Ce travail de terrain, humble et répété, est ce qui distingue une vraie démarche de conservation d'une simple anecdote touristique.
Tableau comparatif des 3 espèces de tortues marines
Bonnes pratiques d'observation responsable
Croiser une tortue, en mer ou sur le sable, est un privilège. Ça se mérite avec quelques règles simples, que nous rappelons systématiquement à nos clients.
En mer, avec masque et tuba :
- Gardez une distance d'environ 5 mètres.
- Ne la touchez pas, ne la poursuivez pas.
- Restez en surface, sans plonger vers elle.
Sur la plage, en cas de ponte :
- Reculez à 10 mètres au minimum.
- Éteignez toute lumière artificielle : lampe torche, flash, écran de téléphone.
- Ne parlez pas fort, ne faites pas de mouvements brusques.
- Ne touchez ni la tortue ni les œufs.
Face à des tortillons qui émergent :
- Laissez-les rejoindre la mer seuls : c'est une étape essentielle de leur développement.
- Écartez seulement les prédateurs directs (chiens, crabes, oiseaux) si nécessaire.
- N'utilisez aucune lumière qui pourrait les désorienter.
Toutes les espèces de tortues marines sont protégées en France par l'arrêté ministériel du 14 octobre 2005. Le dérangement, la capture ou la manipulation sont interdits par la loi.
FAQ
Où voir les tortues en Martinique sans perturber un site de ponte ? Les herbiers marins de la baie des Anses d'Arlet ou du Cul de Sac Marin offrent de belles occasions d'observation en snorkeling, loin des zones de nidification sensibles. Sur la plage de l'Anse Mitan, contentez vous de longer le rivage tôt le matin : les traces racontent déjà beaucoup, sans qu'il soit nécessaire de s'approcher d'un nid.
Quelle est la meilleure période pour observer une ponte en Martinique ? La saison va de mars à octobre, avec un pic entre juin et septembre pour la tortue imbriquée. Les pontes ont lieu presque exclusivement de nuit.
Peut-on toucher une tortue marine ou ses œufs ? Non, jamais. Toutes les espèces sont protégées par la loi française depuis 2005. Le contact humain peut stresser l'animal au point de le faire renoncer à sa ponte.
Combien de temps faut-il pour qu'un œuf de tortue éclose ? Comptez environ 45 à 70 jours d'incubation, selon la température du sable, puis quelques jours supplémentaires avant que les tortillons n'atteignent la surface du nid.
Comment le Bambou Resort participe t il à la protection des tortues ? En collaborant avec le Réseau Tortue Marine Martinique pour le suivi quotidien des pontes sur l'Anse Mitan, en balisant les nids repérés, et en sensibilisant chaque client à l'observation responsable dès son arrivée.
Sources utiles
- Parc naturel marin de Martinique : Comment observer une tortue marine ?
- Réseau Tortues Marines Martinique (RTMM)
- DEAL Martinique : Les tortues marines
- Légifrance : arrêté du 14 octobre 2005 sur la protection des tortues marines
Venez marcher sur nos traces
À l'Anse Mitan, chaque saison de ponte redessine un peu le sable devant nos jardins. Venez la découvrir avec nous, au petit matin, quand les traces de la nuit sont encore fraîches. Réservez votre séjour au Bambou Resort et laissez-vous raconter, sur place, l'histoire discrète de nos tortues.
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